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Revue de Presse
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Le Figaro

ArtFloor, le site des artistes contemporains méconnus

Ils ont 28 et 29 ans. Ils sont épris d’Art Contemporain. Diplômé de l’Institut supérieur de gestion, Georges Ranunkel a été consultant. Ancien élève de l’école du Louvre et peintre, Geoffroy de Francony a soutenu sa thèse avec Bernard Blistène at a un temps travaillé dans une entreprise familiale de vente d’œuvres d’Art par correspondance. Autant d’atouts pour le duo fondateur d’ArtFloor, une société anonyme créée en octobre 2000. Ils ont investi 1 million de francs dans leur galerie virtuelle lancée en juin, un site gratuit de promotion et d’exposition vente dédié à la jeune création contemporaine : 16 000 curieux l’ont déjà visité. Plus d’une vingtaine d’internautes y ont acheté des œuvres en ligne, à un prix atelier moyen de 4 000 francs.

Avec photos et descriptifs à l’appui, 550 œuvres sont proposées pour 500 à 20 000 francs. Photographies, dessins ou tableaux sont accompagnés d’un certificat signé et peuvent être retournées dans les sept jours en cas de déception. « Ayant exclu la publicité, précise Georges Ranunkel, nous ne nous rémunérons que par une commission, de 35%, et reversons le reste à l’artiste. Le transport reste à la charge de l’acheteur. » La commission est bien inférieure aux 50% ponctionnés par d’autres sites.

Liés par un contrat de six mois, les 40 artistes sélectionnés ne regrettent pas l’expérience. Certains ont vendu sur le net leur première toile. Une dizaine de candidats frappent chaque jour au portail. Une petite performance fièrement affichée par les créateurs d’ArtFloor.com. « L’Art Contemporain, non seulement ne doit plus être l’épouvantail de nos musées, mais il doit rentrer chez chacun. C’est pourquoi nous ne nous adressons pas qu’aux collectionneurs, mais surtout à ceux qui n’ont pas vécu l’expérience de la présence de l’œuvre d’Art chez eux », professent-ils sur leur site, dont une version anglaise sera mise en ligne dans quelques jours.

Les dirigeants d’ArtFloor envisagent de lever avant Noël 4 millions de francs, afin d’accueillir huit nouvelles recrues. Leur mission : communiquer et développer les contacts avec les artistes, notamment aux Etats-Unis. Hébergé gratuitement, ArtFloor pourrait investir dans une structure d’accueil permettant une navigation plus rapide. La plateforme technique s’administre à distance, grâce à la technologie de Noheto, société lauréate du prix 01 Informatique de la jeune entreprise high-tech 2001.

De 1 million de Francs prévus en juin 2001, le chiffre d’affaire devrait grimper à 5 millions la première année et 15 millions la seconde.

Avant de se fixer de tels objectifs, Georges Ranunkel et Geoffroy de Francony ont assis leur site sur une étude de faisabilité de neuf mois et un cadre juridique soigné, dû aux conseils de maître Geoffroy Gaultier, avocat à l’origine du procès intenté à la société d’enchères en ligne Nart. Les commissaires priseurs contestaient le droit de procéder à ces ventes en France sans eux. ArtFloor en a tiré les leçons, en privilégiant les prix fixes et en envisageant un autre type de ventes, « sur offre », qui seront opérationnelles dans les mois à venir et n’impliquent pas l’intervention d’un commissaire priseur. Le principe : l’acheteur fixe le montant qu’il est prêt à débourser, mais sans connaître les propositions des autres amateurs connectés.

Anne-Sophie Cathala – Le Figaro - édition du 29/10/2001