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Revue de Presse
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Le Figaro

ArtFloor , l'Art en Ligne
Le site vend sur Internet des oeuvres de jeunes artistes


L'un des quartiers généraux d'Artfloor a le côté charmant des ateliers d'artistes. Il en a même l'adresse, caché au fond d'une cour de ce Montparnasse aux allures parfois encore bohème. A l'intérieur, quelques tableaux entreposés entretiennent l'illusion. Mais il ne faut pas se méprendre. Artfloor ne crée pas, Artfloor vend. Les acheteurs de toute façon ne savent souvent rien de cet endroit. Ils ne connaissent l'entreprise qu'à travers un écran d'ordinateur, sur Internet.

Lancé il y a deux ans, le site artfloor.com propose de l'art en ligne. On entendra çà et là que le principe n'est pas bien nouveau. Alors Georges Ranunkel, qui s'est lancé dans l'aventure avec Geoffroy de Francony, entend convaincre qu'Artfloor a un «truc» en plus, notamment sa prédilection pour les jeunes artistes. Les deux compères avaient en effet remarqué que «les galeristes ne misant pas sur eux, ces artistes n'ont pas de visibilité. Les gens qui voudraient acquérir leurs oeuvres ne savent pas comment s'y prendre».

Les pages d'Artfloor jouent donc l'interface entre des peintres qui ne vendaient pas et des amateurs qui n'achetaient pas. Pour l'artiste François-Édouard Finet, «ours» autoproclamé de l'informatique tant il avoue savoir «à peine manier un ordinateur», le site a prouvé son efficacité. «J'étais auparavant sur un site qui ne m'a pas vendu un tableau en un an et demi», se souvient-il. Et en deux ans, Artfloor a trouvé preneur pour une douzaine de ses oeuvres. Dans la catégorie acheteurs, le site a réussi à séduire Michel Meyer, cadre supérieur parisien et «pas vraiment collectionneur». «Je ne faisais pas suffisamment les galeries, raconte-t-il. Parce c'est trop cher. Par manque de temps. Internet, c'est beaucoup plus facile.» Dans le sobre décor de la galerie virtuelle, il a donc pu faire son choix parmi les travaux d'une cinquantaine d'artistes triés sur le volet, avec toute la subjectivité requise. Car hormis quelques critères d'ordre technique, «nous sélectionnons des oeuvres qui nous plaisent», explique Georges Ranunkel. «Ils fonctionnent au coup de coeur mais opèrent quand même un choix. Ce ne sont pas des amateurs», constate-t-on chez Jungle Art Galerie, une adresse «réelle» de Paris.

L'internaute toutefois peut se montrer sceptique : l'image sur l'écran est-elle fidèle à l'original ? Internet peut-il susciter de l'émotion ? Georges Ranunkel insiste : «Une oeuvre est toujours plus belle en vrai que sur Internet.» Et puis, vente par correspondance oblige, l'acquéreur a une semaine pour se décider. Si le tableau n'était finalement pas à son goût, il pourrait le renvoyer.

Alors, après deux ans d'activité, Georges Ranunkel ébauche un bilan : «Depuis janvier 2002, nous avons vendu environ 210 oeuvres. Nous sommes parvenus à un degré d'activité où nous commençons à en vivre... Mais pas encore extraordinairement bien.» D'autant que le site, qui réalise deux tiers de ses ventes aux États-Unis a connu un pénible début d'année sur fond de guerre et de boycott.

Pour obtenir un succès franc, Artfloor doit donc vaincre les dernières réticences. Michel Meyer, même s'il a déjà tenté l'expérience, les définit clairement : «La limite, c'est le prix ! Dès lors qu'une oeuvre représente un budget important, je préfère la voir en vrai.» Le site s'efforce d'élargir ses terres de conquête. Il se développe ainsi vers l'étranger et part chercher des acquéreurs dans le monde de l'entreprise, notamment du côté des professions libérales. Pour persuader ces derniers acheteurs potentiels, Georges Ranunkel brandit un dernier argument : «Ils peuvent profiter des nouvelles dispositions sur le mécénat.»

Sur Internet : www.artfloor.com

Marie-Douce Albert – Le Figaro / Section Culture- édition du 26/12/2003