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Revue de Presse
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Valeurs Actuelles - ITW

“Pourquoi ne pas payer ses impôts en oeuvres d’art ?”

Dans un environnement géopolitique et financier marqué par l’incertitude, l’art s’impose comme une valeur refuge. Georges Ranunkel, cofondateur et directeur général d’ArtFloor, livre ses conseils pour optimiser son patrimoine.

L’art n’est-il pas un secteur (encore trop) réservé aux initiés ?

Ce que le grand public français en connaît se résume en général à quelques images d’artistes provocateurs lors de la Foire internationale d’art contemporain (Fiac) et des montants records dans les salles de vente. Ce sont ces excès qui peuvent laisser penser que l’accès au marché est opaque ou hors d’atteinte. C’est pourtant tout l’inverse. C’est un secteur bien structuré qui offre des possibilités de placements à partir de montants très abordables (quelques milliers d’euros).

Pourquoi investir dans des oeuvres d’art ?

L’investissement dans l’art propose une panoplie d’avantages fiscaux considérables en plus d’un rendement probable. Outre qu’elles bénéficient d’une TVA très basse (7 %), les oeuvres ne sont pas dans l’assiette du calcul de l’ISF pour les particuliers. Aussi, en cas de revente, au lieu de devoir acquitter environ 35 % d’impôt sur les plus-values et de prélèvements sociaux auprès du fisc, une règle de déduction de 10 % par an sur ces montants s’applique à partir de la deuxième année ; la revente se fait donc sans rien verser à l’État si vous gardez une oeuvre douze ans. Et pourquoi ne pas payer ses impôts en oeuvres ? Celles-ci servent aussi à régler son ISF ou des droits de succession en s’adressant à la commission d’agrément des dations.

Pour les entreprises, l’avantage est aussi évident car les acquisitions sont entièrement déductibles du résultat imposable des sociétés (avec un plafond de 5,5 ‰ de leur chiffre d’affaires).

Quels conseils donneriez-vous pour réussir son investissement ?

Comme pour tout placement, tout dépend des priorités : retour rapide sur investissement, placement patrimonial long terme, acquisition pour l’image de son entreprise… Aujourd’hui, je recommanderais de se concentrer sur des valeurs sûres, des artistes reconnus mais ayant encore des oeuvres à moins de 30 000 euros. Pour cela, il faut consulter les cotes de ces artistes et regarder les tendances. La traçabilité de l’oeuvre est importante, il ne faut pas hésiter à passer par les galeries bien établies qui ont souvent des oeuvres mieux documentées, et leur commission n’est pas supérieure à celles des ventes aux enchères.

Pour des montants supérieurs, je conseille de passer par un consultant (en négociant surtout un prix fixe…). Cela peut être rapidement rentable. Pour les oeuvres contemporaines, il est possible d’aller directement dans les galeries les plus en vogue et d’investir 50 000 euros sur des créateurs à la mode en pariant sur la notoriété du galeriste (Emmanuel Perrotin, Daniel Templon). Le marché étant constitué de suiveurs, la possibilité que l’artiste continue à percer est élevée, mais cela peut faire pschitt…

Pour une entrée plus raisonnable sur le marché contemporain, il faut s’adresser à une galerie ou une structure qui est connue pour avoir lancé de jeunes artistes et s’en faire recommander les plus prometteurs, cela permet à la fois de diversifier le risque et de se constituer une collection de pépites abordables. Dans cette optique, je me suis personnellement orienté dernièrement vers Stephan Laplanche, Pavlos Dionyssopoulos, Jean Denant, Erick Derac et Zofia Lipecka.

Agnès Pinard Legis – Valeurs Actuelles – Decembre 2016