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VIDAE
VIDAE
Nationalité: Française
Informations sur l'artiste +

"Il commence.
Comme il se doit, c’est par une colère qu’il commence.
Puisque - le faire-part est rabâché depuis des années -, puisque la peinture est morte, c’est à la peinture qu’il a fait le choix d’avoir affaire, c’est avec la peinture qu’il se coltine. Le choix n’a rien d’évident. Faire à vingt ans et des poussières un tel choix, pied de nez à une convention, c’est d’emblée passer pour ringard, c’est d’emblée être anachronique. (En tout cas aux yeux des autorités administratives officielles qui exercent leur tutelle sur les arts. Elles n’éprouvent, ne peuvent éprouver que de la condescendance pour qui prétend peindre. Elles n’acceptent et ne peuvent entériner que les preuves qui vérifient leurs certitudes.) Peu lui importe. Il n’a que faire d’être mal vu. Ou pas vu du tout. Parce que, il le sait, ceux qui ne le voient pas, ne voient rien. Parce que, il le sait, la peinture est une exigence dont peu admettent qu’elle soit presque une ascèse.
Il commence.
Il peint. Il veut peindre. La peinture est son souci. Son seul souci. Ce qui implique autant d’humilité que d’audace. Avec les défis et les doutes qui accompagnent l’une et l’autre. Il les assume. Parce qu’il lui a fallu, parce qu’il lui faut sans cesse se donner tous les moyens que requiert la peinture. Nécessité de la lucidité et de l’inconscience. Nécessité de la patience et du culot. D’où les heures passées devant une toile d’un Courbet, d’un Rembrandt, d’un etc., à se demander comment est fichue une ombre, comment se met en place cette transparence, comment…
Il sait que la peinture a dû passer, passe par cette étude qui est déférente et inquiète. Comme il sait que la peinture exige qu’il prenne des risques.
Et il les prend. Ce que cette exposition met en évidence. La première d’un peintre qui s’est donné les moyens d’être le peintre qu’il a fait le choix d’être."


Pascal Bonafoux, écrivain, critique et historien d'Art

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Lettre à xxxx, de Pascal Bonafoux, à propos de David Boulanger:
 

Invitation. Lettre à ***, à propos de David Boulanger (Vidae)

"Mon cher ***,

Il y a plusieurs années tu as commencé une collection. Et tu m’as dit un jour que l’un des critères qui te conduisaient à succomber à la tentation que peut provoquer une œuvre, était d’être, d’avoir été, déconcerté par cette œuvre. Tu me confiais encore que l’invention dont pouvait faire preuve cette œuvre était, pouvait être, déterminant.

Enfin, tu m’avouais qu’une collection est un pari. Aussi, je t’en prie, regarde les toiles de David Boulanger.

Il y a quelques chances que tu sois déconcerté par son choix. Il y a quelques chances que tu sois étonné par son invention.

Son choix est celui de la peinture. Ce qui est l’un des plus inconséquents qui soient si l’on admet que cela fait des années et des années que l’on répète sur tous les tons, que l’on nous rabâche à l’envi, que l’on nous ressasse encore et encore que la peinture est morte. Il s’en fout. Il s’en contrefout. Il peint.

Et il ose, ô impudence ! ô inconséquences ! mettre en évidence qu’il lui fallu, qu’il lui faut travailler avec les œuvres de « maîtres ». En particulier Rembrandt. Parce qu’il lui a fallu tenter de comprendre comment il est parvenu à… comment il a réussi à faire en sorte que… comment… Je ne sais de quel ordre a été son dialogue, son face à face avec l’œuvre de Rembrandt. Il me reste à soupçonner l’essentiel : c’est en se donnant les moyens de la trahir parce qu’il la respecte qu’il s’invente.

Son invention ? Une singulière matière picturale qui semble dédaigner la couleur pour des tons de terres, pour des tons de terres où les glacis et les ombres distribuent des transparences et des apparitions.

Et ces apparitions sont des métamorphoses, des absurdités, des extravagances, des bizarreries, des excentricités, des étrangetés, des…

Ne te prive pas d’ajouter à cette liste le mot qui te convient qui ne sera pas plus qu’aucun de ceux que je viens d’énumérer une « mention inutile ». Reste que cette galerie d’autoportraits vérifie somptueusement le pouvoir de la peinture : donner à voir ce que, sans elle, il serait impossible de voir. C’est pour cela qu’elle est « figurative »… Parce qu’elle représente un songe.

Tu collectionnes ? Je t’en prie, regarde ces toiles.

Et si ta collection est un pari, fais celui de David Boulanger (Vidae)."

Pascal Bonafoux, Paris, mars 2006.
(Extrait du Catalogue de l'Exposition Métamorphose)

 

VIDAE (David BOULANGER), né à Ris-Orangis (France), commence la peinture dans la rue dès le milieu des années 1980, avec l'émergence de la culture graffiti en France. De part et d'autres en Europe jusqu'en Californie, qu'il fréquentera assidûment dès l'âge de 16 ans, il y côtoie de nombreux collectifs aujourd'hui réputés.

Dès le début des années 1990, Vidae commence à étudier aux Beaux-Arts de Versailles (France). Il s'y arrêtera rapidement, préférant apprendre par lui-même face aux chefs d'œuvre du musée du Louvre et du musée d'Orsay, auxquels il se confronte quotidiennement. Après une rencontre déterminante avec le célèbre historien d'art Pascal Bonafoux, Vidae se détache alors de la rue pour devenir l'héritier d'une peinture traditionnelle oubliée.

Au début des années 2000, Vidae connait le succès grâce à sa propre autodidactie. Il obtient une reconnaissance internationale en remportant la 35e édition du Grand Prix International d'Art Contemporain de Monaco avec le Prix Duc et Duchesse de Valverde d'Ayala Valva, présidé par le Prince Rainier III et la Princesse de Hanovre. Il rejoint alors les collections d'importants mécènes tels que Ralf Winckelmann qui soutint Pablo Picasso, Francis Bacon et bien d'autres. Il obtient aussi le soutien de nombreuses personnalités du monde de l'art telles que Daniel Arasse, Pascal Bonafoux, Fernando Botero ou David Rosenberg.

A la suite d'un doctorat en histoire de l'art, il rédige alors son premier traité de peinture, puis se lance dans de nombreux essais de philosophie, de poésie et de fiction.

Dans le même élan, il postule la Cité Internationale des Arts à Paris (France) et la Villa Médicis de l'Académie Française à Rome (Italie).

Préservant et revendiquant son indépendance, après de nombreuses expositions et collaborations, il travaille aujourd'hui avec divers galeries, mécènes et collectionneurs privés en France et à l'étranger.

L’œuvre puissante et novatrice de Vidae donne à la peinture contemporaine un souffle de renouveau. Et c'est par son universalisme et la technique du Chiaroscuro* qu'il réinvente cette même peinture. Sa production s'étend aujourd'hui à plus de cinq mille peintures principalement répertoriées sur de nombreuses périodes et sur plus de trois décennies.


*Chiaroscuro, l'utilisation plus technique du terme clair-obscur est l'effet de la modélisation de la lumière dans la peinture et le dessin, où le volume tridimensionnel est suggéré par la gradation de la couleur, de la lumière et des ombres.

 

 

Les Noces impromptues de la peinture et du théâtre.

On ne peut qu’être estomaqué et séduit par le culot avec lequel Jean-Pierre Brière, homme dit “de théâtre”, répond à ces deux questions délicates : “comment accrocher un tableau ?”, “comment l’éclairer ?”.

Parti d’une intuition ou d’un coup de cœur, je ne sais, ce dernier a eu l’idée de “mettre en scène” les œuvres de l’artiste David Boulanger. Il a ainsi réalisé un parcours, où déambulant au gré des couloirs, des salles et des recoins du théâtre Méga-Pobec, on découvre la peinture de cet artiste comme on ne l’avait jamais vu auparavant.

Les œuvres irradient dans une pénombre bruissant de murmures, de sons étranges et de musique classique. À la manière d’un enfant ou d’un détective visitant sans y avoir été convié une vieille demeure, nous découvrons pas à pas divers lieux hantés par des images, habités par la peinture. Cela peut aussi évoquer, comme l’écrit l’auteur, une visite nocturne dans un musée désert. Ou bien encore, une représentation dont les acteurs silencieux seraient les toiles elles-mêmes. C’est parfois grotesque, parfois troublant, mais aussi érotique, macabre, funeste ou encore glorieux.

D’un côté, par des objets et des décors entourant les tableaux, J-P Brière souligne et magnifie le sens et la dramaturgie propres à ces œuvres. De l’autre, par des jeux de lumière empruntés aux arts de la scène, il révèle le sens profond de la démarche du peintre, sa principale obsession : changer la boue des pigments en or lumineux.


David Rosenberg, auteur et commissaire d’exposition (Paris, Juin 2006).


Dossier de presse de l’exposition “Le Cabinet de Curiosités de David Boulanger” au Théâtre Méga-Pobec (Evreux, France).

Le Cabinet de Curiosités de David Boulanger est un parcours scénographique et théâtrale présentant plus de 120 peintures de l’artiste, réalisé par le théâtre Méga-Pobec (Jean-Pierre Brière, fondateur) et organisé par la galerie La Cave d’Arts (Célia Ivoy-Lefrançois, co-fondatrice).

 

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